On l’attendait depuis longtemps : en mars, les indices actions européens ont largement surperformé les indices américains et ont ainsi amorcé la phase de rattrapage pronostiqué.

Après un mois de février en demi-teinte, où l’on a vu monter le stress politique français pré élections présidentielles et les risques de tentative de Frexit prôné par les partis extrêmes en pole position dans les sondages de février, le sentiment général a progressivement changé, alors que les bonnes nouvelles macro mondiales et les bien meilleures perspectives au sein de la zone euro permettaient un rebond des marchés financiers, en dépit de flux entrants toujours absents sur la zone géographique européenne. Il est vrai qu’inversement, les marchés actions américains étaient impactés négativement par l’échec inattendu de la réforme de l’Obamacare voulue par D. Trump. Par extrapolation, les investisseurs ont commencé à avoir des doutes sur l’appui que pourrait apporter la majorité républicaine des 2 chambres au nouveau gouvernement Us. Mais surtout, Le grand programme de baisse d’impôt prévu par D Trump est effectivement fragilisé par l’absence des recettes espérées et  issues de cette  réforme rejetée du système de santé. Sans que la réforme de fiscalité » soit réellement remise en cause, les marchés ont craint qu’elle ne soit finalement de moindre ampleur et ne justifieraient donc pas les niveaux de valorisations désormais atteints par les titres américains.

La tendance à l’amélioration sur les places émergentes a également été renforcée, à la fois parce que le discours très protectionniste du nouveau président Us commence à être amendé et surtout grâce à un rebond en seconde parti du mois des cours du pétrole et des matières premières énergétiques.
Du coté obligataire, la tendance s’est également retournée et les remontées importantes des taux d’Etat enregistrées depuis novembre dernier se sont interrompues. La hausse attendue des taux par la réserve fédérale américaine s’est accompagnée d’un discours toujours très accommodant de la Fed, qui ne va pas dans le sens d’un durcissement plus rapide et violent de la politique monétaire américaine . De même, en Europe, les tensions observées sur les spreads périphériques de la zone euro et les résultats décevants de l’inflation ont poussé la BCE à conserver le même discours accommodant et attentiste. Dans ces conditions, on a vu en, mars une détente sur les parties longues des courbes et un appétit toujours fort des investisseurs pour la classe d’actif crédit IG et HY.

La tendance sur les marchés restait donc favorable aux actifs risqués et les niveaux de volatilité sont demeurés extrêmement bas, malgré les craintes politiques liées à la fois aux élections aux  Pays-Bas , en France et à l’activation du Brexit anglais. Cependant, compte tenu des performances dores et déjà réalisées par les marchés actions et crédit, les tendances haussières ont connu un rythme de progression plus modéré et l’absence de flux importants depuis plusieurs semaines sur les classes d’actifs les plus offensives ont pesé sur l’ampleur de la de progression des indices en mars.

Notre mandat valorisation affiche néanmoins un troisième mois de hausse , avec une performance brute mensuelle de +0.8% , et une performance de +2.85% depuis le début de l’année ( contre +1.90% pour son indice de référence 50% MSCI Europe+50% EuroMTS Global). Cette sur performance affichée depuis le début de l’année s’explique par :

  • La sous exposition aux taux d’Etat , très payante en début d’année, mais plus couteuse en fin de période, avec la détente des rendements constatée sur les courbes des taux des pays les plus core
  • La pondération en action équilibré, avec un niveau de delta d’environ 44%, et surtout la diversification géographique renforcée sur les actions de la zone émergente au fil de l’eau depuis le début de l’année.

En fin de période, compte tenu des performances déjà réalisées par les actifs sous-jacents, des niveaux très faibles de la volatilité et des indicateurs contrariants au plus hauts, nous avons choisi de commencer à alléger le poids des actifs les plus risqués dans le mandat. A notre sens, le risque est en effet devenu plus dissymétrique, au détriment des investisseurs. Le cout de la protection ou le manque à gagner lié aux cessions d’actifs nous apparait plus fiable que le risque de correction en cas de remontée du stress politique ou de déception liée à des publications plus décevantes du côté de la  macro.