Après l’un des pires mois de décembre pour les marchés financiers depuis plus de dix ans, voici maintenant l’un des meilleurs mois de janvier : +7,87 % pour le S&P500 après -9,18 % en décembre, +15,04 % pour le prix du baril de pétrole après -8,36 % en décembre, avec des comportements similaires pour la majorité des actifs risqués.

Le changement de ton de la part de la réserve fédérale américaine a joué un rôle prépondérant dans ce retournement du sentiment de marché, comme cela avait d’ailleurs été le cas en septembre et en décembre. Avec un peu de recul, certains pourraient d’ailleurs penser que la Fed a éteint le feu qu’elle avait elle-même allumé en septembre quand elle disait vouloir aller "bien au-delà du taux neutre".

Il n’empêche que la communication extrêmement accommodante de M. Powell et de l’ensemble des représentants de la Fed, en particulier en ce qui concerne la réduction du bilan de celle-ci, a largement contribué à rassurer les marchés. Ces derniers peuvent reprendre leur marche en avant tranquillement, la prochaine hausse de taux n’interviendra pas avant la fin du premier semestre, au plus tôt.

Un autre paramètre à prendre en compte pour comprendre le comportement des marchés sur le mois de janvier est sans doute la "sur réaction" de ces derniers durant le quatrième trimestre de l’année dernière, en particulier en fin d’année, dans des marchés devenus peu liquides. Impact des stratégies systématiques qui amplifient les mouvements de marchés ? Capitulation des investisseurs institutionnels et particuliers après une hausse historiquement longue des actions américaines ? Quelles que soient la ou les raisons, les indicateurs que nous suivons montrent tous que les flux à destination des actifs non risqués (obligations Etat "core", monétaire) ont été historiquement très importants en fin d’année, ce qui explique en partie le rebond du mois de janvier.

D’autres facteurs, plus fondamentaux, ont par ailleurs permis à ce rebond de se poursuivre.

Les publications de résultats, maintenant bien engagées aux Etats-Unis, sont rassurantes avec des bénéfices se situant généralement à 70 % au-dessus des attentes des analystes, soit un chiffre proche des moyennes historiques. Ce chiffre est à relativiser étant donnée la forte baisse des attentes constatée auparavant, mais il est tout de même globalement rassurant, éloignant le spectre de l’effondrement des bénéfices, ce que certains redoutaient.

De la même façon, les indicateurs d’activité publiés aux Etats-Unis dernièrement ont contribué à rassurer les investisseurs quant à la faible probabilité d’une récession aux Etats-Unis à court terme.

Maintenant que les marchés semblent avoir corrigé leurs excès, quelle attitude adopter ? La situation nous semble toujours propice aux investissements dans les marchés émergents. Les primes de risque demeurent élevées, le positionnement des investisseurs assez faible et le risque de voir le dollar fortement s’apprécier semble assez faible compte tenu des dernières déclarations de la réserve fédérale. Nous conservons par ailleurs une vision positive sur le Portugal et l’Espagne, ainsi que sur les anticipations d’inflation américaine.

N°198 - février 2019

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