Marchés financiers : quelles perspectives pour 2020 ?

Le 20 janvier 2020 Expertises

D’un point de vue fondamental, l’environnement global plaide pour des taux durablement bas. La recherche de rendement reste d’actualité, y compris sur des actifs plus risqués.

  • Une convergence vers la croissance potentielle des différents pays est attendue en 2020 avec une balance des risques qui reste négative
  • Des espoirs de relance budgétaire, suscités par le nouveau leadership du SPD en Allemagne et un gros point d’interrogation sur la capacité des US à livrer un nouveau plan fiscal avant les élections de novembre, constituent, s’ils se matérialisent des facteurs de tensions sur les taux
  • Les Banques Centrales et en particulier la FED, qui, depuis septembre, a réinitié des opérations de refinancement comme la BCE, conserveront un biais accommodant et continueront d’abonder les marchés de liquidités
  • La pause récente de la FED dans la réduction de son taux directeur ne devrait pas infléchir mais atténuer les baisses de taux des principales banques centrales des pays émergents, nombreuses en 2019
  • L’environnement actuel, avec un dollar et un prix du pétrole stable devrait rester peu inflationniste en 2020

Dans les pays développés, le ralentissement voire la récession industrielle est toujours à l’oeuvre et l’évolution du marché de l’emploi restera la clef pour monitorer le risque de contagion au secteur des services : une convergence vers la croissance potentielle des différents pays est attendue en 2020 avec une balance des risques qui reste négative. La remontée des taux d’épargne des ménages, parallèlement à la bonne tenue de la consommation est une alerte à prendre au sérieux : si elle s’avère être réellement une épargne de précaution (taux négatifs, réforme des retraites), elle ne constitue pas un réservoir de consommation future.

Le protectionnisme va rester un sujet important avant les élections américaines, même si ces dernières semaines ont montré des signes relatifs d’apaisement et continuera de peser sur la croissance, les perspectives d’investissement et la volatilité des marchés. Cette menace demeurera omniprésente dans la balance des risques des Banques Centrales.

Du point de vue des politiques monétaires durablement accommodantes dans le temps, deux camps s’opposent dans le marché :

  • Leur effet vertueux laisse perplexe bon nombre d’intervenants quant à leur capacité à répondre à la problématique du ralentissement global de la croissance et à l’inflation plus faible que souhaitée.
  • A l’inverse, elle convainc toujours une partie des investisseurs de ses bienfaits avec effets retard pour la croissance en 2020.

Nous pensons que la politique monétaire a effectivement ses limites : les membres de la BCE se sont largement exprimés en ce sens. Le relais doit être pris par la politique fiscale, d’autant que le message de M. Draghi, en relançant le programme d’achats d’actifs pour une durée illimitée, était bien de créer des conditions durables de refinancement à bas coût pour les Etats. Toutefois, il faudra du temps. Des espoirs de relance budgétaire, suscités par le nouveau leadership du SPD en Allemagne et un gros point d’interrogation sur la capacité des US à livrer un nouveau plan fiscal avant les élections de novembre, constituent, s’ils se matérialisent des facteurs de tensions sur les taux. Le Brexit continuera d’alimenter les incertitudes et en 2020, le focus portera sur la relance fiscale, probablement bien plus qu’en zone Euro. Le Japon a d’ores et déjà annoncé un plan de relance. Les Banques Centrales et en particulier la FED, qui, depuis septembre, a réinitié des opérations de refinancement comme la BCE (qui n’a jamais cessé de le faire), conserveront un biais accommodant et continueront d’abonder les marchés de liquidités.

Il y a eu un avant et un après été 2019 pour la plupart des compagnies d’assurance : la forte baisse des taux a fortement impacté leur solvabilité que les régulateurs tiennent à stabiliser voire faire remonter. Elle pousse les assureurs vers un allongement de leurs achats, le crédit IG, les dettes périphériques, ainsi que les banques, pour couvrir leur gap de duration actif/passif. Ces flux, massifs limitent toute tension majeure sur les taux, européens en particulier, et la compression des primes de risque périphériques ou de crédit IG. La recherche de rendement reste d’actualité, y compris sur des actifs plus risqués.

Fin 2019, les indicateurs semblent montrer que la croissance économique des pays émergents a passé le point bas. Les prévisions économiques suggèrent une croissance 2020 proche de celle de 2019 ; le rythme trimestriel ne montre pas de rebond important. La croissance de la Chine montre un léger ralentissement entre 2019 et 2020. Cette stabilisation de la croissance reste néanmoins soumise aux tensions géopolitiques, à des progrès sur la résolution de la guerre tarifaire entre la Chine et les Etats-Unis et au maintien des politiques accommodantes des Banques Centrales. La pause récente de la FED dans la réduction de son taux directeur ne devrait pas infléchir mais atténuer les baisses de taux des principales banques centrales des pays émergents, nombreuses en 2019. Celles-ci disposent encore d’une marge de manoeuvre au regard de l’évolution actuelle de leur inflation qui reste, en général, à l’intérieur de l’inflation cible des Banques Centrales. L’environnement actuel, avec un dollar et un prix du pétrole stable devrait rester peu inflationniste en 2020. Le résultat des élections législatives, présidentielle et locale en Argentine, en Inde, en Ukraine, en Afrique du Sud, en Turquie, en Roumanie… ont pu modifier les anticipations des futures politiques économiques, comme en Argentine avec la défaite de M. Macri et le retour des péronistes au pouvoir et en Ukraine avec l’élection de V. Zelinsky et l’arrivée d’un gouvernement pro-réforme.

Les fortes tensions sociales de ces derniers mois, en réponse aux inégalités économiques, à l’austérité budgétaire, à la corruption et aux privations des libertés ont augmenté la pression sur les gouvernements et les répercussions sur les politiques économiques et budgétaires se matérialiseront sur certains pays en 2020. Les relances budgétaires peuvent également jouer un rôle dans la reprise de la croissance économique mais elles restent limitées au pays ayant une solide base financière (endettement peu élevé, des déficits maitrisés, un large refinancement domestique). Nous demeurons enfin positifs sur la dette émergente IG HC.

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